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Lors de la visite de cette Exposition on pouvait entendre cette magnifique version du Stabat Mater de GB Pergolesi ( Emma Kirby & James Bowman / Academy of Ancient Music – Christopher Hogwood)
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…Un ensemble de tableaux qui voisinent, se côtoient, ou bien qui se font face. Qui dialoguent. Et leurs histoires se racontent, se conjuguent en silence, s’emmêlent en installant dans l’air leur ambiance et leur parfum. C’est un peu une cohabitation, entre accrochage et décrochage. Mais une exposition, c’est tout sauf un ensemble neutre !
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Que d’enseignements, alors, pour celui qui observe ces protagonistes là, en silence, depuis son petit bureau, en tâchant de leur faire croire que pour l’instant, il ne s’intéresse pas du tout à eux, si absorbé qu’il semble être, par la lecture de poésies très anciennes et passionnantes !
Pendant deux semaines consécutives, je les ai observés en secret, à la manière du lézard amoureux de René Char* :“…l’écho de ce pays est sûr, j’observe, je suis bon prophète, je vois tout de mon petit mur, même tituber la chouette…”
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Et bien entendu, il y eut aussi tous ces échanges avec vous, visiteuses et visiteurs de tous âges, de tous pays, des échanges impromptus, légers ou profonds, mais toujours riches d’enseignements !
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…Une jeune femme venue d’Italie reconnait avec émotion “son” Stabat Mater, celui de Pergolesi, dont l’écho se promène sotto voce… Pendant ce temps un père demande à son fils quel tableau il préfère et j’entends le garçon lui répondre “Aucun ! Je les déteste tous !” …Une autre fois, autour du grand panoramique dont le nom est “Bleue comme une Orange”, vous étiez là, famille entière, vous cherchiez des motifs, des personnages cachés dans le tableau. Les enfants sont les plus forts, à ce jeu là. Je me suis joint à eux ! Un cheval, avec un turban sur la tête, un oiseau, un chat, il a la gueule ouverte, toutes sortes de figures, étranges et magiques… Un autre jour encore, une visiteuse entre et traverse l’exposition, dans l’urgence de voir, pressée de regarder, et sans le moindre petit bonjour pour moi, toujours en apparence absorbé dans la lecture de la “Divina Commedia”; enfin, et alors que j’essaie d’accrocher son regard, elle s’approche de moi et me dit très naturellement, comme à un enfant qui lui ferait perdre son temps, mais un peu en manière d’excuse, “Vous savez, ce n’est pas vous, l’important, mais vraiment les tableaux qui sont sur les murs”… -Un sacré compliment pour le peintre qui tente, avec plus ou moins de bonheur, d’oublier un moment son ego, son vouloir, ses projections, de s’abstraire et de laisser la place à ces liens précieux, ceux qui se tissent parfois entre ses “oeuvres” et lui-même, et surtout entre elles et leur public!
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–L’aventure continue avec de nouveaux projets, toujours autour de la fresque,mais avant de retrouver mes pinceaux et mes brosses, je souhaite dire merci à toutes celles et à tous ceux qui ont pris la peine de grimper le petit escalier du château, le temps d’une visite. Et tout particulièrement à la personne qui m’a lancé avant de s’en aller : “Votre exposition, c’est un voyage, vraiment, un beau voyage !”
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Exposition du 16 au 29 Juillet 2011, dans la Salle des Editions du château de Gordes © Hazló – 2011
Musique : G.B. Pergolesi
* La complainte du Lézard Amoureux : René Char – “Les Matinaux”
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